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Publié le par Mormax

Education : Y-a-t-il plus de «décrocheurs» en France qu’ailleurs en Europe?
SOCIETE - Les pays scandinaves et baltes sont les bons élèves…

C’est l’une des priorités du quinquennat de François Hollande: diviser par deux le nombre de «décrocheurs» d’ici 2017. Chaque année, ce sont 135 000 jeunes qui sortent du système éducatif sans diplôme, soit 17% des sortants en formation initiale. Ce sont ainsi 11,6% des 18-24 ans qui sont des «sortants précoces», soit 600.000 personnes.
Un pourcentage un peu en dessous de la moyenne européenne qui s’élevait à 12,7% en 2012, selon une étude publiée jeudi par l’Insee. C’est moins bien que la plupart des États membres du nord et de l’est de l’UE qui sont sous la barre des 12,0% de sorties précoces. Mais c’est bien mieux que l’Espagne (24,9%), Malte (22,6%), le Portugal (20,8%), ou l’Italie (17,6%).
Faiblesse des certifications de l’enseignement professionnel

Des disparités notamment liées au développement des enseignements professionnels secondaires de second cycle dans les pays scandinaves et les pays baltes. «À l’inverse, dans les pays du bassin méditerranéen, l’enseignement secondaire est ou a longtemps été marqué par l’existence de filières sélectives et par la faiblesse des certifications de l’enseignement professionnel», explique l’Insee.
En résumé: quand on se regarde on se désole, quand on se compare on se console. Pas si vite. Car si la France fait mieux que les pays du Sud, elle a du pain sur la planche pour réduire ce que qualifie l’exécutif de «désastre». Dans le cadre de la stratégie Europe 2020, Paris s’est fixé un taux de sortants précoces des jeunes de 18 à 24 ans qui ne devra pas dépasser 9,5% contre 10% fixés par Bruxelles.
Plan de lutte

Le gouvernement a déjà lancé en 2012 un plan contre le décrochage scolaire. Résultat l’an dernier, 23.000 élèves décrocheurs avaient repris le chemin de la formation. L’objectif est d’en raccrocher 25.000 de plus en 2014.
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Dans son étude, l’Insee souligne l’efficacité des méthodes adoptées dans certains pays comme les Pays-Bas qui sont passés de 16% en 2000 à moins de 9% en 2012. Là-bas, depuis 2001, les établissements sont obligés de signaler les élèves décrocheurs. A cela s’ajoutent des programmes sur-mesure donnant par ailleurs la possibilité aux élèves de valider des compétences acquises en dehors du système éducatif à travers des conventions passées avec des réseaux de grandes entreprises et un suivi serré des acteurs locaux (écoles, collectivités territoriales, services sociaux).
Détection précoce

Autre exemple en Finlande où «l’accent est mis sur le repérage des élèves en difficulté dès l’enseignement primaire», remarque l’Insee. L’acteur-clé en est l’enseignant, dont la formation initiale et continue, de haut niveau, vise à développer cette responsabilité».
La détection précoce semble en effet une des solutions. En novembre 2013, un rapport très enrichissant de l’Insee sur la question constatait que les difficultés scolaires des futurs décrocheurs étaient déjà très marquées dès l’entrée en 6ème, entraînant un redoublement massif au collège.
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La crise accroît les écarts

«Les difficultés d’insertion professionnelle —risque accru de chômage et de précarité mais aussi d’insertion sociale, moindre accès à la santé, risque de pauvreté— sont sensiblement accentuées pour les jeunes non diplômés, par comparaison avec les jeunes diplômés. La crise a tendance à accroître cet écart», rappelle l’Insee.
Un constat qui fait écho au rapport du Centre d’étude et de recherche sur les qualifications (Cereq) publié début avril. Sur 723.000 jeunes sortis du système scolaire en 2010, près de 50% des non-diplômés étaient à la recherche d’un poste, trois ans après avoir quitté les bancs de l’école.
Mathieu Bruckmüller

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